Critique de « Chess of the Wind » : un vestige d’un Iran d’autrefois

Ce film de 1976 arrive à New York avec un récit de restauration idéal. « Chess of the Wind » a été réalisé en Iran et n’a été diffusé que brièvement avant d’être interdit dans la période tendue qui a précédé la révolution islamique. Présumé perdu, le négatif du film s’est retrouvé dans une brocante des années plus tard. Des organisations cinéphiles éminentes se sont ensuite lancées pour le rendre accessible à l’échelle internationale.

C’est un plaisir d’annoncer que le film actuel, réalisé par Mohammad Reza Aslani (qui a principalement travaillé dans des documentaires depuis ses ennuis avec « Chess »), a beaucoup à faire au-delà de sa redécouverte.

Situé sur un domaine décousu du début du XXe siècle à Téhéran, « Chess » est un mélodrame enfiévré véhiculé dans un style poétiquement mesuré. Ses scènes d’ouverture sont énigmatiques. Une jeune femme qui utilise un fauteuil roulant casse des bouteilles dans ce qui semble être une crise de dépit. Une figure d’apparence patriarcale fume avec des associés, puis sort des parchemins et des tampons en caoutchouc pour ce qui semble être des transactions louches.

Aslani rassemble les fils de l’histoire avec une élégante caméra mobile qui ne révèle pas immédiatement tous les secrets qu’une scène peut contenir. Hadji Amoo (Mohamad Ali Keshavarz), se considère en effet comme le chef de cette maison. Mais la malade Aghdas (Fakhri Khorvash), pleurant sa mère décédée, ne reconnaît pas Hadji comme son beau-père, encore moins comme propriétaire du domaine. Complotant avec sa servante à double jeu (Shohreh Aghdashloo), Aghdas décide de l’usurper.

Il est facile de comprendre pourquoi la théocratie répressive en Iran s’est opposée à ce film. Les intimations de la romance lesbienne, bien sûr. Mais aussi, le mensonge qu’évoque Aslani (avec des prétendants dissimulés, des amants secrets et des composants plus étranges) est palpable, parfois séduisant. Appeler ce film un chef-d’œuvre nouvellement trouvé serait le survendre. Mais « Chess of the Wind » est sûrement un exemple remarquable d’une souche du cinéma iranien dont les ayatollahs se sont assurés qu’ils seraient coupés aux genoux lorsqu’ils ont pris le pouvoir en 1979.

Échecs du vent
Non classé. En persan, avec sous-titres. Durée : 1 heure 33 minutes. Dans les théâtres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *