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Comment « pas » change tout : le cerveau interprète les adjectifs niés

Résumé: Les chercheurs ont découvert que la négation des adjectifs par « non » affecte la façon dont notre cerveau interprète leur signification, atténuant plutôt qu’inversant leur définition. Dans les expériences en laboratoire, les participants ont mis plus de temps à traiter des expressions telles que « pas mal » par rapport à « bon » ou « mauvais ».

L’imagerie cérébrale a montré que les interprétations initiales des adjectifs niés étaient similaires à celles de leurs homologues affirmatifs, mais affaiblies. Ces découvertes nous aident à comprendre comment le cerveau traite la négation et d’autres opérations linguistiques complexes.

Faits marquants:

  • Les adjectifs niés sont traités plus lentement et avec des interprétations plus variées.
  • L’activité cérébrale initiale pour les adjectifs niés est similaire à celle des adjectifs affirmatifs mais plus faible.
  • Comprendre la négation dans le cerveau peut éclairer d’autres processus linguistiques.

Source: PLOS

Nier un adjectif en plaçant « pas » devant lui affecte la façon dont notre cerveau interprète sa signification, atténuant mais n’inversant pas complètement notre interprétation de sa définition.

Dans une étude publiée le 23 maird dans la revue en libre accès Biologie PLOSArianna Zuanazzi de l’Université de New York, aux États-Unis, et ses collègues offrent un aperçu de la manière dont le cerveau représente les changements de signification au fil du temps et proposent de nouvelles méthodes pour poursuivre la recherche linguistique.

Cela montre une personne avec un bandeau sur les yeux qui dit non.
La capacité de caractériser les changements subtils de la signification linguistique par la négation dans le cerveau à l’aide de méthodes d’imagerie pourrait aider à dissocier la compréhension d’autres processus linguistiques au-delà de la somme du traitement des significations individuelles des mots. Crédit : Actualités des neurosciences

La façon dont le cerveau traite les adjectifs niés – « pas mal » ou « pas bon » – n’est pas comprise. Des études antérieures suggèrent que les phrases niées sont traitées plus lentement et avec plus d’erreurs que leurs homologues affirmatives.

Les réseaux de neurones artificiels de pointe semblent largement insensibles aux impacts contextuels de la négation, ce qui amène de nombreux chercheurs à se demander comment fonctionne la négation.

Dans des expériences en laboratoire, 78 participants ont été invités à lire des expressions adjectives affirmatives ou négatives, bon/mauvais, pas bon/pas mal, heureux/triste, pas heureux/pas triste, etc. sur un écran et à évaluer leur signification sur une échelle de un (vraiment très mauvais/vraiment très triste) à dix (vraiment très bien/vraiment très heureux).

Les réponses prenaient plus de temps pour les adjectifs niés et le sens interprété était plus varié. Le suivi du curseur a montré que les gens sont plus lents à les interpréter, les comprenant d’abord comme étant affirmatifs avant de les modifier vers leur sens opposé.

Dans une deuxième expérience, les participants ont évalué des phrases affirmatives ou négatives sur une échelle. Pendant ce temps, les champs magnétiques générés par l’activité électrique de leur cerveau ont été capturés par magnétoencéphalographie (MEG). Zuanazzi et ses collègues ont de nouveau constaté des temps de réaction plus lents pour les adjectifs niés.

L’activité cérébrale montre que les interprétations initiales et les premières représentations neuronales des adjectifs niés sont similaires à celles des adjectifs affirmatifs, mais sont affaiblies, confirmant la suggestion précédente d’un effet atténué.

L’analyse contribue au débat sur le fonctionnement de la négation. La capacité de caractériser les changements subtils de la signification linguistique par la négation dans le cerveau à l’aide de méthodes d’imagerie pourrait aider à dissocier la compréhension d’autres processus linguistiques au-delà de la somme du traitement des significations individuelles des mots.

Les auteurs ajoutent : « L’étude de la négation offre un cadre linguistique convaincant pour comprendre comment le cerveau humain construit du sens à travers des processus combinatoires.

« Nos données comportementales et neurophysiologiques résolues dans le temps montrent que, dans une phrase comme « votre café n’est pas chaud », la négation (« pas ») atténue plutôt qu’elle n’inverse les représentations d’un adjectif scalaire (« chaud »). En d’autres termes, la négation réduit la température de votre café, mais elle ne le refroidit pas.

À propos de cette actualité de la recherche en langage et neurosciences

Auteur: Claire Turner
Source: PLOS
Contact: Claire Turner – PLOS
Image: L’image est créditée à Neuroscience News

Recherche originale : Accès libre.
« La négation atténue plutôt qu’inverse les représentations neuronales des adjectifs» par Arianna Zuanazzi et al. Biologie PLOS


Abstrait

La négation atténue plutôt qu’inverse les représentations neuronales des adjectifs

Les opérations linguistiques combinatoires sous-tendent les processus du langage humain, mais la manière dont le sens est composé et affiné dans l’esprit du lecteur n’est pas bien comprise. Nous abordons cette énigme en exploitant la fonction omniprésente de la négation.

Nous suivons les effets en ligne de la négation (« pas ») et des intensificateurs (« vraiment ») sur la représentation des adjectifs scalaires (par exemple « bon ») dans des expériences comportementales et neurophysiologiques (MEG) conçues de manière paramétrique.

Les données comportementales montrent que les participants interprètent d’abord les adjectifs niés comme affirmatifs et modifient ensuite leur interprétation vers le sens opposé, mais jamais exactement comme celui-ci.

Les analyses de décodage de l’activité neuronale révèlent en outre une précision de décodage significativement supérieure au hasard pour les adjectifs niés dans les 600 ms suivant l’apparition de l’adjectif, ce qui suggère que la négation n’inverse pas la représentation des adjectifs (c’est-à-dire « pas mal » représenté comme « bon ») ; en outre, la précision du décodage des adjectifs niés s’avère nettement inférieure à celle des adjectifs affirmatifs.

Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent que la négation atténue plutôt qu’elle n’inverse les représentations neuronales des adjectifs. Ce mécanisme putatif de suppression de la négation est soutenu par une synchronisation accrue de l’activité neuronale de la bande bêta dans les zones sensorimotrices.

L’analyse de la négation constitue un tremplin pour comprendre comment le cerveau humain représente les changements de sens au fil du temps.


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