CHRONIQUE : L’héritage conflictuel d’un éducateur canadien

La statue d’Egerton Ryerson était un point de repère du campus de l’école qui portait autrefois son nom.

Je me souviens de cette statue quand j’étais étudiant en journalisme au Ryerson Polytechnical Institute. À l’époque, il s’agissait simplement d’une caractéristique du campus du centre-ville de Toronto, et il s’y trouvait depuis à peu près l’époque où l’école avait ouvert ses portes en 1948.

Aujourd’hui, la statue a disparu et bien que le campus reste, l’école est maintenant connue sous le nom de Toronto Metropolitan University. Le nom de Ryerson a été retiré à la fin de la dernière année scolaire.

Les changements sont une réponse aux atrocités commises par le système des pensionnats indiens du Canada.

Ryerson, un éducateur canadien du XIXe siècle, a joué un rôle déterminant dans la création du système des pensionnats. Ces écoles ont fonctionné des années 1870 jusqu’à la fermeture de la dernière en 1996. On estime que 150 000 enfants autochtones, inuits et métis ont été retirés de leur famille et placés dans ces écoles.

Depuis 2017, il y a eu des appels pour réévaluer le lien de l’école avec le nom Ryerson. En 2018, une plaque a été installée à côté de la statue de Ryerson décrivant le rôle qu’il avait joué dans le système des pensionnats.

Les efforts pour supprimer le lien de l’école avec le nom Ryerson se sont intensifiés en 2021, à la suite de la découverte de 215 tombes non marquées sur le site d’un ancien pensionnat à Kamloops, suivie de la découverte d’autres tombes non marquées dans d’autres pensionnats à travers le Canada. Aujourd’hui, le nombre de tombes anonymes d’anciens élèves des pensionnats autochtones se compte par milliers.

De plus, le système des pensionnats a eu des effets durables sur les communautés autochtones à travers le pays.

Beaucoup dans ce pays acceptent encore les mauvais traitements infligés aux peuples autochtones par les pensionnats dirigés par l’église. Enlever la statue et renommer l’école sont des étapes pour reconnaître les dommages causés par le concept de pensionnat de Ryerson.

Dans les mois qui ont précédé le changement de nom de l’école, un nombre important de professeurs, de membres du personnel et d’étudiants de l’université avaient commencé à se référer à l’école sous le nom d’Université X, comme un moyen de rejeter le nom Ryerson. En juin 2021, la statue a été renversée et dégradée, et la tête coupée a été jetée dans le port de Toronto.

On se souvient de Ryerson aujourd’hui pour son rôle dans le système des pensionnats, mais il a également laissé une autre marque sur le système d’éducation canadien, celle-ci beaucoup plus positive.

Il a travaillé à normaliser le système d’éducation au Canada et il a créé le système d’enseignement public gratuit que nous avons aujourd’hui. Il a préconisé ces développements dès 1846, et sans eux, le Canada ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

Le retrait de la statue et le nouveau nom de l’université n’effacent pas l’héritage mixte de Ryerson. Au lieu de cela, ces changements reflètent une manière différente de voir un personnage historique dont l’héritage était loin d’être parfait.

Les statues sont érigées pour honorer une personne qui a apporté une contribution significative au pays. Ils suggèrent que la personne est tenue en haute estime et digne d’un grand respect. Il en va de même lorsqu’un bâtiment ou une institution porte le nom d’une personne.

Cependant, lorsque de nouvelles informations montrent que l’image d’un héros est ternie, il est temps de reconsidérer s’il faut continuer avec le spectacle d’honneur.

Quiconque veut en savoir plus sur Ryerson et ses réalisations peut le faire. Il existe des livres, des articles de magazines et des études savantes sur lui et sur d’autres personnalités.

Enlever la statue et renommer l’université sont des moyens tangibles de reconnaître qu’un éducateur autrefois vénéré ne mérite plus l’honneur qui lui était autrefois rendu.

John Arendt est le rédacteur en chef de Summerland Review.

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