Actualité santé | News 24

C’est une cause majeure

Le cancer du poumon, longtemps associé à la cigarette, pourrait constituer une nouvelle menace pour une génération peu familière avec le tabac traditionnel : la génération Z. Le coupable étant la popularité généralisée du vapotage, en particulier au sein de cette génération. Alors que les recherches sur les effets à long terme du vapotage sont en cours, de nouvelles preuves suggèrent un lien préoccupant entre cette pratique et le développement potentiel du cancer du poumon. Cette tendance, associée au fardeau déjà important de la pollution atmosphérique en Inde, nécessite un examen plus approfondi des facteurs en jeu et du besoin urgent de mesures préventives.

Comme cela a été établi, le tabagisme reste la principale cause de cancer du poumon dans le monde. En Inde, le tabagisme tue tragiquement entre 1,2 et 1,3 million de personnes chaque année. La fumée directe et secondaire est nocive, ce qui met en évidence les dangers d’une exposition passive. Il est intéressant de noter que les recherches indiquent que la fumée secondaire pourrait même être plus nocive en raison de l’absence de filtration présente dans les cigarettes. Cela souligne que le risque ne concerne pas seulement le fumeur.

Le danger de la pollution atmosphérique est son omniprésence. Les 70 substances cancérigènes présentes dans la fumée de cigarette se trouvent également dans l’air pollué, ce qui rend leur impact inévitable. L’Inde est aux prises avec de graves problèmes de qualité de l’air, en particulier dans les centres urbains. Une étude de 2020 publiée dans la revue « Chest » a trouvé une corrélation directe entre une exposition à long terme à la pollution de l’air et un risque accru de cancer du poumon. Cette vulnérabilité existante aux maladies pulmonaires au sein de la population indienne rend les dangers potentiels du vapotage encore plus préoccupants.

Image : CANVA

Le vapotage, souvent présenté comme une alternative « plus saine » au tabagisme, présente un ensemble de défis différents. Contrairement aux cigarettes, les cigarettes électroniques et les appareils de vapotage ne disposent pas de données de sécurité à long terme. Les produits chimiques utilisés dans les liquides de vapotage, bien que potentiellement moins nocifs que ceux contenus dans les cigarettes, ne sont pas totalement sans risque. Des études ont montré des signes de lésions respiratoires graves dans un délai relativement court de 5 à 10 ans de vapotage. Ces changements initiaux dans le tissu pulmonaire, bien qu’ils ne soient pas une preuve concluante du développement d’un cancer, déclenchent un signal d’alarme et justifient des investigations plus approfondies.

L’émergence récente de recherches suggérant un lien entre le vapotage et le cancer du poumon ajoute une autre couche de complexité. Une étude réalisée en 2024 par l’Université nationale de Séoul a révélé une incidence plus élevée de cancer du poumon chez les anciens fumeurs qui sont passés au vapotage que chez ceux qui ont complètement arrêté. De même, une étude de mars 2024 a révélé des altérations de l’ADN dans les cellules buccales des vapoteurs, reflétant les changements observés chez les fumeurs présentant un risque plus élevé de cancer du poumon.

Bien que ces résultats ne prouvent pas définitivement le lien de causalité, ils dressent un tableau inquiétant et soulignent la nécessité de mener des études à long terme pour bien comprendre les conséquences du vapotage.
L’impact potentiel sur la génération Z, une génération fortement investie dans le vapotage, est particulièrement inquiétant. L’accessibilité facile, les e-liquides aromatisés et l’idée fausse selon laquelle le vapotage est inoffensif contribuent tous à une augmentation inquiétante de son utilisation. Ceci, associé au fardeau actuel de la pollution atmosphérique en Inde, crée une tempête parfaite pour les cas potentiels de cancer du poumon à l’avenir.

Image : CANVA


Résoudre ce problème nécessite une approche à plusieurs volets. Il est crucial de renforcer la réglementation sur les liquides et appareils de vapotage. Les restrictions d’âge, similaires à celles mises en place pour les cigarettes, peuvent aider à prévenir le vapotage chez les mineurs. Des campagnes de sensibilisation du public qui mettent l’accent sur les risques potentiels pour la santé, démystifient les mythes entourant le vapotage et soulignent les dangers de l’exposition secondaire sont essentielles. De plus, investir dans des initiatives pour un air plus pur et des mesures de contrôle de la pollution plus strictes sont des étapes essentielles vers la protection de la santé pulmonaire du pays.

En conclusion, le lien potentiel entre le vapotage et le cancer du poumon, en particulier dans le contexte des problèmes actuels de pollution atmosphérique en Inde, nécessite une action immédiate. En adoptant des réglementations plus strictes sur les produits de vapotage, en donnant la priorité aux campagnes de santé publique et en nous concentrant sur les initiatives visant à purifier l’air, nous pouvons protéger la santé de la génération Z et des générations futures de l’ombre du cancer du poumon. Cette approche proactive fera en sorte que l’air que nous respirons soit vivifiant et non pathogène.

(Dr Arvind Kumar, président, transplantation pulmonaire, Medanta, Gurugram)


Source link