Canada Soccer a eu raison d’annuler le match contre l’Iran.  Les violations des droits de l’homme par le régime ne sont pas un jeu

J’aimerais remercier Canada Soccer d’avoir annulé le match amical avec l’équipe nationale de soccer de l’Iran, initialement prévu début juin à Vancouver.

En apprenant la nouvelle de cette invitation de Canada Soccer, de nombreux Canadiens, dont un grand nombre de Canadiens d’origine iranienne, ont exprimé leurs objections critiques à cette décision et ont exigé son annulation. Voici pourquoi il est si important d’annuler ce match.

Avec ses principales directives de « mort à l’Amérique » et « d’anéantissement du régime sioniste », le gouvernement de la République islamique d’Iran politise le sport pour faire avancer ses idéologies et répandre la haine et la division depuis sa révolution de 1979. Ce régime autoritaire a ordonné aux athlètes de refuser de jouer des matchs contre des équipes israéliennes et américaines dans la mesure du possible, voire de perdre délibérément des matchs pour éviter d’affronter ces nations au tour suivant.

La milice idéologique du régime iranien, le Corps des gardiens de la révolution islamique, occupe des postes importants dans tous les secteurs du gouvernement, y compris le sport. Les gardiens de la révolution contrôlent les clubs de football, les matchs et les revenus générés. En 2020, les gardiens de la révolution ont abattu un avion ukrainien, tuant les 176 personnes à bord, dont 85 Canadiens et résidents permanents du Canada. Les Gardiens de la révolution, reconnus comme une organisation terroriste par les États-Unis depuis 2019, affirment qu’il s’agit d’une « erreur humaine » et menacent les familles des victimes de demander justice.

Pendant 43 ans, les femmes et les filles ont été interdites d’assister à des matchs en direct dans les stades iraniens. Bien que la FIFA ait fait pression sur l’Iran depuis 2018 pour autoriser les spectatrices, il y a eu des incidents horribles ciblant les femmes. En 2019, Sahar Khodayari s’est immolée par le feu pour protester contre la décision du tribunal de l’emprisonner pour être entrée dans un stade déguisée en homme. En mars dernier, des centaines de femmes iraniennes munies de billets valides se sont vu refuser l’entrée à un match de qualification pour la Coupe du monde à Mashhad, nombre d’entre elles se faisant asperger de gaz poivré pour s’être opposées.

Les pratiques du gouvernement iranien ont été comparées à l’apartheid en Afrique du Sud, car les deux régimes ont adopté une discrimination politique et culturelle contraignante, dure et injuste contre des segments ciblés de leurs citoyens. Pour l’Iran, une discrimination cruelle et systémique contre les femmes, les homosexuels et les personnes ayant des convictions religieuses ou politiques différentes se poursuit.

Le renversement de l’apartheid en Afrique du Sud a été facilité par la Convention internationale contre l’apartheid dans les sports de l’ONU de 1985 et une déclaration de 1988 du Comité international olympique, qui a abouti à l’isolement total des équipes sous l’apartheid des événements sportifs internationaux.

J’espère que ces points le rendront plus compréhensible pour ceux qui ont soutenu le match prévu, en disant que “le sport ne doit pas être politisé”. J’espère également que le Canada reportera l’organisation de tout événement sportif futur avec l’Iran jusqu’à ce qu’il ait un gouvernement qui respecte les droits de la personne et le droit international.

Un grand merci à tous les Canadiens de croyances et d’origines différentes qui ont exprimé leurs préoccupations dans un but commun et qui ont courageusement remis en question cette invitation. Un grand merci à Canada Soccer d’avoir fait ce qui est juste et d’être du bon côté de l’histoire.