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Avis | La guerre en Ukraine peut être impossible à arrêter. Et les États-Unis méritent une grande partie du blâme.

Le cours mouvementé de la guerre en Ukraine jusqu’à présent a confirmé le diagnostic de M. Poutine, sinon sa conduite. Bien que l’industrie militaire ukrainienne ait été importante à l’époque soviétique, en 2014, le pays disposait à peine d’une armée moderne. Les oligarques, et non l’État, ont armé et financé certaines des milices envoyées pour combattre les séparatistes soutenus par la Russie dans l’est. Les États-Unis ont commencé à armer et à former l’armée ukrainienne, d’abord avec hésitation sous le président Barack Obama. Cependant, le matériel moderne a commencé à circuler sous l’administration Trump et aujourd’hui, le pays est armé jusqu’aux dents.

Depuis 2018, l’Ukraine a reçu des missiles antichars Javelin de fabrication américaine, de l’artillerie tchèque et des drones turcs Bayraktar et d’autres armes interopérables avec l’OTAN. Les États-Unis et le Canada ont récemment envoyé des obusiers M777 de conception britannique modernes qui tirent des obus Excalibur guidés par GPS. Le président Biden vient de promulguer une loi d’aide militaire de 40 milliards de dollars.

Dans cette optique, la moquerie de la performance de la Russie sur le champ de bataille est déplacée. La Russie n’est pas bloquée par un pays agricole courageux d’un tiers de sa taille ; il tient bon, du moins pour l’instant, face aux armes économiques, cybernétiques et de champ de bataille avancées de l’OTAN.

Et c’est là que M. Guaino a raison d’accuser l’Occident de somnambulisme. Les États-Unis tentent d’entretenir la fiction selon laquelle armer ses alliés n’est pas la même chose que participer au combat.

A l’ère de l’information, cette distinction devient de plus en plus artificielle. Les États-Unis ont fourni des renseignements utilisés pour tuer des généraux russes. Il a obtenu des informations de ciblage qui ont aidé à couler le croiseur russe de missiles de la mer Noire, le Moskva, un incident au cours duquel environ 40 marins ont été tués.

Et les États-Unis pourraient jouer un rôle encore plus direct. Il y a des milliers de combattants étrangers en Ukraine. Un bénévole a parlé à la Société Radio-Canada ce mois-ci de se battre aux côtés d'”amis” qui “viennent des Marines, des États-Unis”. Tout comme il est facile de franchir la frontière entre être un fournisseur d’armes et être un combattant, il est facile de franchir la frontière entre mener une guerre par procuration et mener une guerre secrète.

De manière plus subtile, un pays essayant de mener une telle guerre risque d’être entraîné d’une implication partielle à une implication totale par la force du raisonnement moral. Peut-être que les responsables américains justifient l’exportation d’armes comme ils justifient leur budgétisation : c’est si puissant que c’est dissuasif. L’argent est bien dépensé parce qu’il achète la paix. Si des canons plus gros ne parviennent pas à dissuader, ils conduisent à de plus grandes guerres.