Au Rwanda pour rencontrer les dirigeants du Commonwealth, Trudeau se souvient d’un génocide

Ce fut une visite lourde de sens politique et peut-être même personnelle, alors que le Premier ministre Justin Trudeau a déposé une gerbe jeudi au Mémorial du génocide de Kigali au Rwanda.

Le site contient les restes de plus de 250 000 Tutsis rwandais qui ont été massacrés par des extrémistes hutus au printemps et à l’été 1994.

L’ancien général canadien – plus tard sénateur libéral – Roméo Dallaire, qui a été l’un des premiers partisans de Trudeau, a dirigé la mission de maintien de la paix qui n’a pas réussi à empêcher le génocide.

Plus de 800 000 Tutsis ont perdu la vie dans la campagne organisée qui a duré plus de 100 jours.

Le Premier ministre a rendu hommage aux dirigeants du Commonwealth réunis à Kigali pour discuter, entre autres, des droits de l’homme et de l’insécurité alimentaire croissante sur le continent.

Le mémorial du génocide contient non seulement les restes des victimes mais aussi des photographies et des objets personnels.

Trudeau a été accueilli par le directeur général du centre et a eu l’occasion de s’entretenir avec un survivant du génocide.

De nombreux noms de victimes n’ont pas encore été recueillis et documentés et de nombreuses victimes qui reposent dans les tombes sont inconnues.

Le prince Charles et son épouse, Camilla, ont effectué une visite sur le site mercredi.

Après avoir également déposé une gerbe, Charles – le premier membre de la famille royale à visiter le pays – a rencontré le président Paul Kagame, qui a joué un rôle majeur dans la victoire militaire qui a mis fin au génocide.

Trudeau a rencontré séparément Kagame jeudi.

Le Canada élargit sa mission diplomatique à Kigali

Les groupes de défense des droits de l’homme ont longtemps critiqué le choix du Rwanda comme hôte de la réunion du Commonwealth, citant les restrictions imposées par Kagame à la liberté de la presse, les arrestations de critiques de haut niveau et les allégations selon lesquelles les autorités n’ont pas mené d’enquêtes crédibles sur les cas de disparitions forcées et de décès suspects de opposants au gouvernement.

Le premier ministre Justin Trudeau est accueilli par Francis Gatare, conseiller présidentiel, affaires économiques, à son arrivée à Kigali pour assister au Sommet du Commonwealth, mercredi. (Paul Chiasson/La Presse Canadienne)

Le Rwanda, une ancienne colonie allemande, puis belge, a été admis dans le Commonwealth en 2009 malgré les objections de la Commonwealth Human Rights Initiative et de Human Rights Watch.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a annoncé mercredi que le Canada transformerait sa mission diplomatique à Kigali en une ambassade à part entière et un haut-commissaire. Un ambassadeur sera également nommé auprès de l’Union africaine.

“Nous savons que le Rwanda joue un rôle de leader et montre beaucoup de progrès” en tant que membre du Commonwealth, a déclaré Joly. « Et c’est pourquoi c’est stratégique d’être ici. Nous croyons que plus que jamais, la voix du Canada doit être entendue. Et pour ce faire, nous devons avoir plus d’outils, nous devons avoir plus de ressources, nous avons besoin de plus de bottes sur le terrain.”