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Virginie Lemaire a récemment ouvert son courrier électronique à un message troublant d'Amazon: les frais pour des vendeurs comme elle en France vont augmenter de 3%.

Lemaire, mère célibataire de deux enfants, a fondé son entreprise de joaillerie Perle d'un jour en 2011. Bijoutière de formation, elle crée des pièces sur mesure à la main comme des colliers, des bracelets et des bagues.

La propriétaire de petite entreprise française a commencé à vendre ses produits sur Amazon il y a deux ans et réalise maintenant un cinquième de ses ventes sur le marché du géant de l'e-commerce.

La surprise a donc été malheureuse lorsqu'elle a découvert qu'Amazon augmenterait les frais de vente pour elle et des milliers d'autres petites et moyennes entreprises françaises à partir du mois d'octobre. La raison invoquée par l'entreprise était simple: une taxe numérique de 3% adoptée par le gouvernement français en juillet.

Cette décision semble contredire directement l'objectif du gouvernement français consistant à uniformiser les règles du jeu entre Big Tech et les petites et moyennes entreprises, et complique encore les efforts de la France pour maîtriser des sociétés comme Amazon, Facebook et Google.

"Le fait que de telles sociétés paient moins d'impôts en France qu'une grande boulangerie ou un producteur de fromage du Quercy crée un réel problème", a déclaré le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, plus tôt cette année.

La fiscalité française vise les entreprises qui génèrent au moins 750 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel "d'activités numériques", dont 25 millions d'euros en France. La taxe s'applique rétroactivement à compter du 1er janvier 2019 et permettra de lever environ 500 millions d'euros par an.

La taxe française a déjà fait face à une forte réaction. L'administration présidentielle Donald Trump a ouvert une enquête sur cette mesure et menacé de mesures de rétorsion, estimant que cette taxe "visait injustement les entreprises américaines". Les économistes et les entreprises de technologie, y compris Amazon, avaient averti que la taxe française entraînerait des prix plus élevés pour les consommateurs.

Des dirigeants d’Amazon, de Facebook et de Google témoigneront lundi lors d’une audience du gouvernement américain sur la taxe numérique française. Peter Hiltz, directeur de la politique et de la planification fiscales internationales d'Amazon, a qualifié le prélèvement de 3% de "préjudiciable" et de "discriminatoire". Il a ajouté que cela "affecterait négativement les centaines de milliers de petites et moyennes entreprises qui utilisent les services d'Amazon pour atteindre leurs clients en France", dont plus de 10 000 vendeurs basés dans le pays.

"Cette taxe vise directement les services du marché que nous fournissons aux entreprises. Nous n'avons donc pas eu d'autre choix que de la transmettre à Selling Partners", a déclaré Amazon dans un communiqué. "Nous reconnaissons que cela peut placer les petites entreprises françaises en position de désavantage concurrentiel par rapport à leurs homologues d'autres pays."

La joaillière Lemaire, par exemple, paiera désormais à Amazon 12,36% de chaque vente réalisée sur le marché à compter du 1er octobre, en hausse de 12% auparavant. Dans une interview avec CNBC, elle a déclaré que toute augmentation des redevances réduirait ses bénéfices, avec des marges déjà réduites des autres taxes et du coût des matériaux.

Lemaire se trouve dans une situation difficile avec des milliers d'autres petites entreprises françaises qui vendent leurs produits sur Amazon. Elle doit soit augmenter ses prix pour les consommateurs, soit absorber les coûts plus élevés.

Cette taxe vise directement les services du marché que nous fournissons aux entreprises. Nous n'avions donc pas d'autre choix que de la transmettre aux partenaires de vente.

"Nous ne sommes pas du tout respectés", a-t-elle déclaré via une traduction.

Lemaire a déclaré que vendre avec Amazon est déjà une expérience stressante dans laquelle le "client est roi". Elle préfère Etsy, qui réalise 70% de ses ventes totales, car elle ne facture que 10% de frais. Lemaire paie également des publicités sur Facebook pour générer du trafic vers son propre site Web.

Dans leur témoignage, Facebook, Google et Amazon ont tous exprimé leur inquiétude sur le fait que l'approche unilatérale de la France avec la taxe numérique inciterait d'autres pays à imposer des mesures similaires. Au lieu de cela, ils ont fait valoir qu'un effort à l'échelle de l'OCDE visant à lutter contre la taxation numérique serait moins dommageable pour les entreprises et les consommateurs.

– Chanel Monteine ​​de CNBC a contribué au reportage

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